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Quelques
témoignages...
(extrait
du livre de bord de quelques uns de nos clients)
"L'Unimog
depuis le matin soulève des nuages de poussière rouge ; si fine
qu'elle met longtemps à se reposer. Nos poumons la respirent,
notre bouche en découvre sa saveur."
"
De part et d'autre du chemin, les arbres nains en sont saupoudrés.
Le bush sous nos yeux se pare alors d'une dentelle de branches
enneigées par une poudre rose de latérite, une vision d'hiver
sous les tropiques".
"Après
ces zones de végétation aride d'où émergent des baobabs, succèdent
des zones rases… On dépasse maintenant des tombeaux. Des tombeau
de pierres, en ouvrage carré, plate-forme souvent coiffées de
cornes de zébus sacrifiés."
"L'Unimog
nous conduit jusqu'à Fanjakana que nous atteignons le soir. Nous
nous installons dans une case de terre à toit d'herbes séchées,
liée une charpente de longue branche. La lourde table de bois,
est pour l'occasion, couverte d'une nappe parfaitement propre…dans
cette obscurité. On nous sert, dans le respect traditionnel, une
volaille accompagnée de riz. C'est très bon. Pour se laver les
mains des enfants nous servent de l'eau dans un seau. Leurs yeux
et leurs dents qui rient papillotent dans le noir, c'est le premier
soir…"
"
…le lendemain après avoir dormi sur le banc de sable où nous avions
plantés la tente, là, où déjà nous attendaient deux pirogues liées
en catamaran, nous embarquons. Le fleuve est large, une bonne
journée de plaine avec des bancs de sable à fleur d'eau, que seul
l'œil exercé de Bernard décèle sous les frisottis d'un miroir
à l'échelle du ciel."
"
…Parfois la largeur du fleuve réduit sa profondeur et nous impose
de descendre pour pousser l'embarcation. Le soir nous décidons
de camper dans une courbe du fleuve, quand la plaine finie e que
l'on glisse déjà entre les larges murailles. Nous abordons un
long banc de sable blanc. Le soleil rougeoie encore dans la saignée
du large défilé, des flaques de ciel mettent le feu à la lagune…"
"
…Trois jeunes gens du coin, le peigne planté dans une tignasse
savamment entretenue, veulent nous échanger des hérissons tués
du jour et couverts de puces, contre des conserves, qu'en plus
du dîner, des doigts habiles des enfants transformerons en jouets…"
"
…Nous voyons notre premier crocodile, dans les roseaux à deux
mètres de l'eau. Il décide sans hâte de plonger, pour rester un
moment à nous regarder, avant de couler, lentement, tout en restant
immobile. C'est fascinant un crocodile qui s'enfoncent dans l'eau
noire…"
"
…Le soleil décline, nous nous arrêtons dans la vallée des rois,
précédemment baptisé ainsi en raison des tombeaux enchâssés dans
la falaise à une journée de marche dans le lit d'une rivière asséchée.
Etroite à l'entrée, assiégée de tous côtés par d'immenses arbres,
elle commence à se peupler de pigeons, de pintades, ces dernières
préférant les arbres dénudés, le chargeant ainsi de fruits démesurés…"
"
…Des lémuriens sautent de branches en branches. Au loin l'arbre
à roussettes perd ses fruits dans un battement d'ailes. D'un battement
lent de voile noire, elles défilent au-dessus de nos têtes…"
"
…On mange du canard, tandis que le faisceau de nos lampes fait
s'allumer dans les branches des yeux qui nous regardent intensément.
Des lémuriens nocturnes, de la taille d'un rat, nous observent
depuis un moment. Vient le temps de dormir…"
"
… La pirogue glisse silencieuse, profitant du courant. De longer
la rive, nous donne la fraîcheur dont nous prive nos fréquentes
traversées du fleuve, lorsque nous sommes contraints de tirer
des bords entre les bancs de sable. Les nombreux méandres se divisent
parfois en mince filet d'eau ou bien en de larges bras, en cul
de sac…"
"
…L'eau est sombre, parfois une senteur d'eau et d'herbe tout en
fraîcheur nous arrive sur tout le corps comme une onde vivifiante,
les ombres se font menthol, les mouches continuent de bziller.
Bernard barre, anticipant la forme de la souche qui sous l'eau
se prolonge ou bien ce petit frisottis qui révèle la grosse imprévisible…"
"
…D'énormes racines retiennent des roches qui surplombent une eau
devenue rapide, mais si lisse qu'elle reprend en miroir toute
la gamme des verts qui se déploient jusqu'au faîte des arbres.
On a laissé derrière nous les petits hérons des berges qui habituellement
précède la pirogue. Ils font de courts envols et poussent un cri
chaque fois que nous les rattrapons. La forêt sait alors que nous
sommes là…"
"
…nous glissons dans un silence hypnotique, dérangé parfois par
une mouche, nos yeux grands ouverts sur un monde frais fait d'émeraudes
et de racines. La forêt fait s'épanouir les sens, chaque herbe
à sa place, chaque reflet son image…"
Et
le ciel au-dessus, avec ses étoiles qui se noient,
On
s'emplit encore de visions
D'envols
de pigeons, de martins-pêcheurs,
Eclats
bleus en plongeons
Et
pareil à des troncs,
Des
crocodiles dorment encore dans les joncs.
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